Le recyclage du verre, qu’en est-il vraiment?

Le recyclage du verre, qu’en est-il vraiment?

Les défis du recyclage du verre font les manchettes depuis quelque temps. Les chiffres alarmants publiés dans le Bilan 2015 de RECYC-QUÉBEC laissent entendre qu’une grande partie du verre récupéré dans la collecte des matières recyclables finit dans des lieux d’enfouissement. En réaction à ces données inquiétantes, plusieurs options ont été soulevées; consigner les bouteilles de vin, instaurer des points de dépôts volontaires, etc. Mais en Haute-Yamaska, qu’en est-il vraiment?

Un mythe à déconstruire

D’abord, il est essentiel de déboulonner un mythe tenace : le verre a une valeur monétaire pour les centres de tri et des profits sont obtenus de sa récupération. En effet, les centres de tri tirent leurs revenus de la vente des matières recyclables. Ils n’ont donc aucun intérêt à les éliminer – bien au contraire! – puisqu’enfouir des matières résiduelles coûte cher et rime avec perte financière. Ce ne sont que 8 % à 13 % des matières résiduelles déposées dans les bacs bleus qui sont jetées aux ordures, et ce, principalement parce qu’elles y ont été mises par erreur et qu’elles ne sont pas recyclables.

Des chiffres à jour

En Haute-Yamaska, actuellement, l’ensemble des contenants en verre récupérés dans la collecte des matières recyclables sont valorisés ou recyclés. Alors, d’où vient la confusion? Il est vrai que la grande majorité de ce verre post-consommation, environ 90 %, est utilisée pour créer des chemins d’accès et recouvrir les ordures enfouies quotidiennement dans les lieux d’enfouissement technique (LET), une opération obligatoire et essentielle. Si le verre n’était pas utilisé à cette fin, il faudrait alors extraire davantage de ressources naturelles non renouvelables comme la pierre et le sable.

Cette valorisation n’est bien entendu pas idéale, mais elle est tout de même justifiée et défendable dans le contexte actuel, et ce, même d’un point de vue environnemental. Le reste du verre récupéré dans les bacs bleus est quant à lui recyclé afin de créer d’autres contenants de verre, des produits d’isolation, des abrasifs, etc.

Ce ne sont que 8 % à 13 % des matières résiduelles déposées dans les bacs bleus qui sont jetées aux ordures, et ce, principalement parce qu’elles y ont été mises par erreur et qu’elles ne sont pas recyclables.

Les points de dépôts volontaires

Dans la foulée de l’actualité, le milieu municipal se positionne sur la question des points de dépôts volontaires et l’idée d’implanter une ou des bennes pour la collecte sélective du verre est évoquée de toutes parts. Bien que cette initiative qui répond à une préoccupation réelle des citoyens soit louable, plusieurs questionnements demeurent.

En juillet 2018, RECYC-QUÉBEC publiait une étude sur les dépôts volontaires du verre dont la conclusion principale stipule que « d’autres études sont nécessaires pour établir certains constats et prendre les bonnes décisions dans le futur ».

Ainsi, l’impact de la coexistence de deux systèmes de collecte, soit la collecte des matières recyclables dans les bacs bleus et les points de dépôt volontaires, sur la participation de la population est pour le moment inconnu. Ensuite, l’ajout d’une seconde voie de collecte dédiée au verre pourrait causer de la confusion au niveau communicationnel. Le citoyen pensera-t-il que les contenants de verre ne devront plus être déposés dans les bacs bleus? Cette idée erronée aurait un effet négatif sur la quantité de matières recyclées et, de surcroît, sur notre performance régionale. Par ailleurs, le potentiel réel de recyclabilité des contenants en verre déposés dans des points de dépôt volontaires reste à comparer aux nouvelles technologies permettant une meilleure séparation du verre à même les centres de tri; une solution qui s’avérerait plus simple et plus efficace pour tous.

Quoi qu’il en soit, pour l’instant, il semble que la solution la plus durable pour le recyclage du verre passe par l’innovation technologique des infrastructures existantes pour que 100 % des contenants en verre qui transitent actuellement dans les bacs de récupération soient recyclés.

De difficultés à opportunités

Il est vrai que le recyclage du verre au Québec connaît certaines difficultés, principalement depuis la fermeture de l’usine Klareco en 2013, laquelle traitait environ 80 % du verre recyclé de la province. Depuis, le milieu s’est mobilisé, notamment grâce au plan Verre l’innovation d’Éco Entreprises Québec et au soutien de RECYC-QUÉBEC. Les centres de tri se sont modernisés, des projets-pilotes ont permis de tester de nouvelles méthodes, de nouveaux marchés se sont développés et des écomatériaux ont été commercialisés. Dans les prochaines années, voire au cours des prochains mois, des initiatives et des entreprises novatrices permettront que le verre collecté de porte en porte soit entièrement recyclé. La MRC de La Haute-Yamaska, pionnière en recyclage depuis 1990, garde les yeux ouverts pour tous développements en ce sens.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Comme cela se fait dans plusieurs pays d’Europe, les bouteilles de vin et d’alcool sont consignées et donc rapportées par le client au lieu de vente de ces produits. Ici au Qc, nous avons déjà un système qui fonctionne bien au plan des canettes/bouteilles de bière. Le québécois ont bien intégré cette habitude rapporter leurs bouteilles! Alors pourquoi ne pas implanter ce système à la SAQ? Le gouvernement devrait être un leader en matière de recyclage et être un modèle à suivre, qui n’est pas le cas pour ce qui de ce type de ce type de verre…

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